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magnifique film je ne me lasse pas de le regarder le mal être de harry est impressionnant
Par Anonyme, le 19.03.2024
bien
Par Anonyme, le 06.01.2024
on aimait beaucoup son talent de l' actrice
Par Anonyme, le 27.12.2023
nous souhaitons une bonne santé et une rapide rétablissemen t
Par Anonyme, le 27.12.2023
sukur ali
Par Anonyme, le 25.11.2022
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Date de création : 07.03.2009
Dernière mise à jour :
10.02.2022
4381 articles
Voici enfin le Top !
Voilà des semaines, que dis-je des mois, que je vous annonce un classement de mes films indiens préférés de l'année passée et l'heure est enfin venue pour moi de vous la partager. J'ai essayé de rattraper au maximum les films que j'avais manqué (le premier semestre avait été très chargé et je n'avais vu que très peu de films) mais bien évidemment je n'ai pas pu tout voir. On commence donc directement en allant de la dixième place à la première. Notez que si certains films ont la même note, ils sont quand même classés par ordre de préférence (certaines subtilités font que malgré une note équivalente je considère un film plus réussi que l'autre). Bonne lecture à vous et j'ai hâte d'avoir vos retours ! On se retrouve également en fin d'article pour quelques précisions et des mentions honorables.
10. Padmaavat de Sanjay Leela Bhansali (16,5/20)
Les années passent et ne se ressemblent pas...contrairement aux films de Bhansali ! Bien évidemment, la fresque épique conserve toutes les qualités devenues évidentes lorsque l'on parle de l'oeuvre du maître : un goût pour le splendide et le grand spectacle sans jamais perdre son ambition artistique rigoureuse, une esthétique à tomber par terre, des acteurs superbement dirigés, une bande-originale marquante, des chorégraphies millimétrées... Mais comme elle est loin l'excitation des années 2000 à 2010 lorsque Sanjay Leela Bhansali se réinventait à chaque film, enchaînant Devdas avec Black, Saawariya et Guzaarish. L'artiste touche à tout aux rêves démesurés semble ne plus chercher à innover, ou en tout cas ne plus sortir de sa zone de confort qu'est devenu le drame Bollywood traditionnel et costumé. Bhansali devient en quelque sorte un Tim Burton indien, un artiste indéniablement talentueux mais qui risque de ne devenir qu'une pâle copie de lui même s'il continue dans les mêmes thématiques, la même esthétique et le même genre.
Malgré - fait très rare chez le cinéaste - quelques ratés sur l'aspect technique (l'autruche du début qui détruit à elle seule toute la rigueur visuelle de la séquence de début...), on retiendra de cette fresque des personnages intenses, un Ranveer Singh exceptionnel trouvant un des meilleurs rôles de sa carrière (et un Jim Sarbh impeccable en rôle secondaire) et tenant brillamment tête au duo Deepika Padukone et Shahid Kapoor incarnant avec brio l'honneur. Un honneur si naïf qu'il en devient aveugle et presque auto-destructeur. Quelques maladresses d'écriture peuvent rendre le message du film un peu cryptique cependant en connaissant le message souvent féministe du cinéma de Bhansali on devinera que le cinéaste nous fait avant tout l'éloge de la grandeur d'âme et de la force psychologique d'une reine guerrière qui doit faire avec les conséquences désastreuses des deux hommes de pouvoir se déchirant en son nom. Mention également à la chanson "Binte Dil", sublime sur le plan musical et dont l'ambiguïté de la chorégraphie constitue un des moments phares du film. Bref, à défaut de rentrer dans la liste des meilleurs films de son auteur, Padmaavat reste un grand spectacle bien maîtrisé. A quand une réelle prise de risque monsieur Bhansali ?
9. Manmarziyaan d'Anurag Kashyap (17/20)
Ceux qui me connaissent savent tout l'amour que je porte au cinéma d'Anurag Kashyap. Et avec deux longs-métrages, un sort-métrage et une série, le cinéaste nous a livré une année 2018 des plus remplies. Si je considère la série Sacred Games comme son véritable triomphe de 2018 (sérieusement, regardez cette pépite sur Netflix), nous parlons ici de cinéma et donc de Manmarziyaan. Un peu à la façon de son Dev.D, le cinéaste s'attaque au film romantique avec son éternel cynisme teinté de pessimisme. On risque cependant peu à affirmer que Manmarziyaan est le film le plus "commercial" de sa carrière, plus classique dans le déroulement de son histoire, plus lumineux et même très loin de la violence qui caractérise souvent son univers. Mais qu'est-ce qui différencie ce film des milliers d'autres triangles amoureux que l'on a déjà vu avant ? Pour faire simple : son personnage féminin.
Kashyap et la scénariste Kanika Dillon détournent le classique du scénario en faisant preuve d'une modernité folle dans l'écriture des personnages, et particulièrement celui de l'héroïne incarnée par une Tapsee Pannu exceptionnelle - qui méritait de très loin tous les prix de meilleure actrice de l'année, devant Alia Bhatt qui excellait pourtant dans Raazi. Le personnage de Rumi est d'une profondeur incroyable, gracieuse, brutale, violente, attachante, détestable, elle nous traduit ses doutes, sa haine d'elle même, ses souffrances et sa joie avec une aisance admirable. Abhishek Bachchan effectue un retour solide vers un cinéma plus indépendant (il n'avait plus était aussi bien dirigé depuis Mani Ratnam) et Vicky Kaushal confirme à nouveau qu'il correspond parfaitement au cinéma de Kashyap. Le film pose la question des relations amoureuses au 21ème siècle : comment croire aux traditions et aux mariages arrangés à l'heure de Tinder ? Comment vendre des apparences de "pureté" à l'heure où l'historique Facebook trahirait n'importe qui ? Et surtout comment continuer à ignorer la volonté des héroïnes au cinéma à l'heure du féminisme ? Jamais moralisateur, le film bénéficie de cette écriture solide et d'une lecture sociale en plus d'une esthétique électrisante, d'une bande-originale faisant partie des meilleures de l'année et d'une longue séquence finale en quasi plan séquence de près de 7 minutes...un des grands moments de grâce de l'année cinématographique en Inde. On apprécie également le retour de certains codes du cinéma de Kashyap (les deux figurantes suivant Rumi dans son parcours, comme on le voyait dans No Smoking, Dev.D, etc). Là encore il ne s'agit pas du plus grand Kashyap, mais le cinéaste a le mérite de prouver qu'il tente tous les genres et n'a pas peur de se réinventer radicalement.
8. Raazi de Meghna Gulzar (17/20)
Le film d'espionnage a souvent rimé avec blockbuster d'action, Meghna Gulzar a décidé d'en faire un film indépendant qui détaille ses personnages, leur quotidien et joue sur une tension psychologique subtile plutôt que sur le grand spectacle abrutissant. Avec Raazi on trouve donc un film intelligent, finement écrit, finement interprété par une Alia Bhatt impressionnante et un Vicky Kaushal tout aussi mémorable, qui nous tient en haleine d'un bout à l'autre de son intrigue. Contrairement à ce qui se fait actuellement en Inde, le film ne tombe jamais dans le patriotisme vide et dangereux, ni dans la diabolisation de l'adversaire pakistanais en temps de guerre. Le personnage de Vicky Kaushal contribue en grande partie à humaniser cet "ennemi" qui n'est au final jamais le camp du mal... Pas de manichéisme bête et méchant ici, simplement des humains motivés par l'amour de leur famille, l'envie de préserver la paix de leur quotidien plutôt que par des concepts abstraits et vides de sens. On retiendra donc avant tout Raazi pour son écriture et les performances que le film propose...
En revanche, on ne peut s'empêcher de ressentir une part de déception face à la réalisation très académique et utilitaire de Meghna Gulzar que l'on sait capable de mieux (Talvar). La caméra est posée là pour filmer l'action et nous montrer ce qu'il se passe, rien de plus. Des plans large lorsqu'il faut nous montrer une vision globale, du champ contre-champ avec les dialogues, aucune envolée symbolique ni maîtrise exceptionnelle. Même l'esthétique ne séduit pas totalement. Certes l'idée était de montrer Sehmat quitter les couleurs presque surréalistes de son université pour découvrir la guerre psychologique incarnée par le gris, la perte de repères. Cependant on se trouve face à un film visuellement assez terne. Raazi n'a clairement pas volé son succès, mais regardez-le pour son histoire, pas pour y trouver la quelconque envolée artistique dans son exécution. Un peu comme un Airlift (bien que mieux maîtrisé), Raazi est tellement persuadé que son histoire vraie mérite d'être raconté qu'il oublie de la sublimer en tant qu'oeuvre cinématographique. Dommage, il aurait pu atteindre le rang de classique si la réalisatrice avait pu mieux s'exprimer.
7. Stree d'Amar Kaushik (17/20)
La comédie n'a jamais été mon genre de prédilection. Cependant, lorsque j'en regarde c'est avant tout pour voir de l'humour noir, cynique, absurde ou des comédies horrifiques. Ma comédie indienne préférée de ces dix dernières années reste d'ailleurs la comédie de zombies Go Goa Gone de Raj & DK...scénaristes de Stree. Et si Stree n'arrive jamais à la hauteur de Go Goa Gone en terme d'humour brut, le film n'en reste pas moins une belle réussite. Amar Kaushik décide de s'attaquer à une légende urbaine de sorcière qui ne s'en prend qu'aux hommes mais ne tombe pas dans le grand guignolesque. Il fait reposer l'humour sur les situations, des dialogues percutants qui fonctionnent et des personnages très réussis, en particuliers ceux interprétés brillamment par les talentueux Rajkumar Rao et Pankaj Tripathi. Même Shraddha Kapoor nous livre sa première performance décente depuis Aashiqui 2 ! Le film reprend quelques codes de réalisation du film de genre, cite des classiques de l'horreur sans les singer et parvient à établir son propre univers avec succès.
Mais ce qui fait de Stree une vraie réussite, c'est avant tout l'intelligence de son scénario. Car si le film fonctionne en tant que comédie sympathique, sa sous-lecture sociale l'aide à se démarquer. Le film se construit sur une idée toute simple : Et si, pour une fois, c'était au tour des hommes d'avoir peur de sortir la nuit dans l'Inde rurale ? On entend alors des remarques telles que "Mon fils, ne sors pas seul, ce n'est pas prudent" ou alors "La sorcière l'a pris mais c'est normal, vous avez vu comment il s'habillait ?" qui montent le film vers un niveau tout autre. Kaushik transforme une idée sympathique et oeuvre à la fois drôle et engagée, prouvant que le cinéma social n'a pas à se limiter aux drames indépendants limités aux festivals. Le réalisateur décrit vraiment avec talent et réalisme la vie des petits villages indiens, les tabous, les mentalités archaïques, etc. Ce qui fonctionne un peu moins en revanche, c'est la partie horrifique...à moins d'être très peureux, difficile d'avoir le moindre frisson. On regrettera également la présence d'une item song contredisant un peu le message féministe du film (bien que Kaushik lui même ait avoué qu'il regrettait sa présence...sûrement un souhait des producteurs). Une belle surprise !
6. Bhavesh Joshi Superhero de Vikramaditya Motwane (17,5/20)
Oh un autre film de super-héros, quelle originalité ! Sauf que non... Loin des films abrutissants et uniformes du MCU ou du DCEU post Zack Snyder, loin du ridicule d'un Krrish 3 ou des "inspirations" Hollywoodiennes aux limites du plagiat de RA.ONE, Vikramaditya Motwane nous prouve que le cinéma indépendant peut s'emparer du genre et nous en offrir une lecture novatrice et intelligente. Cette petite production fauchée ne va certainement pas miser sur le grand spectacle, autant par logique budgétaire que par intention narrative. Le cinéaste habitué au cinéma d'auteur "noble" (Lootera) comme au film de genre expérimental (Trapped) nous propose avant tout un film social suivant des lanceurs d'alerte. Tout commence de façon légère, comme une comédie sociale. Notons que rarement un cinéaste n'aura traité la culture YouTube avec autant de respect et de dignité, loin du mépris vieux-jeu auquel les grands médias ne nous ont que trop habitués. Cependant, le basculement vers un nouveau ton en deuxième partie ne rendra le film que meilleur.
Bhavesh Joshi Superhero bénéficie d'une écriture méticuleuse, intelligente, de personnages attachants, mais surtout d'une réalisation exceptionnelle. Motwane confirme qu'il fait partie des meilleurs de l'industrie indienne à l'heure actuelle. L'esthétique moderne (les néons à la Winding Refn...que demander de plus ?), les combats filmés de nuit donnant une grâce surréaliste à l'action (et un aspect roman graphique au sens noble du terme), tout contribue à faire de ce Bhavesh Joshi un super-héros à part. L'action y est d'ailleurs plus rugueuse, réaliste, on ressent chaque coup et le tout est chorégraphie avec un talent fou. Harshvardhan Kapoor est également une excellente surprise. On critiquera en revanche Nishikant Kamat, qui n'était pas forcément le meilleur choix pour incarner un méchant convaincant bien que son calme inquiétant fasse son effet. Mais la seule chose que l'on regrettera, c'est que le public indien ait une fois de plus laissé passer une pépite indépendante, mettant un terme à un univers que l'on aurait aimé voir s'étendre. Quoi qu'il en soit, ne commettez pas cette erreur ! Une séance de rattrapage s'impose et, par chance, le film est disponible en vostfr sur Netflix.
5. Manto de Nandita Das (18/20)
Encore une autre oeuvre négligée méritant un rattrapage absolu. Avec Manto, Nandita Das nous propose un voyage biographique sur les pas de l'auteur Saadat Haso Manto. Et la réalisatrice nous présente cette histoire avec une maîtrise artistique impeccable. On y retrouve toute la grâce, l'élégance souvent associée au cinéma d'auteur bengali. La reconstitution de l'époque est frappante, les choix de réalisation sont marquants qu'il s'agisse du changement de registre (transformant presque le film en film de Cour sur son troisième acte), des choix musicaux, ou même du parti pris d'arrêter son récit presque en cours de route, comme pour nous rappeler que - comme le voulaient les écrits de Manto - c'est au spectateur/lecteur de tirer les morales, d'aller au-delà des apparences, d'analyser et de s'informer. Le thématiques sont si nombreuses et le film si riche en analyse qu'il m'est impossible de tout résumer que quelques lignes à peine ! Citons cependant quelques pistes majeures qui raisonnent étrangement d'actualité : les tensions religieuses et communautaires en Inde, la liberté d'expression face aux censeurs à la Censure (le camp des "justes" étant souvent imprégnés d'idéaux conservateurs et hypocrites), la place de la femme dans le milieu intellectuel et dans la société en générale, la place de l'auteur dans l'industrie commerciale, les tabous sociaux, et j'en passe. On saluera également la décision de mettre en scène des nouvelles de l'auteur pour ponctuer le récit...on ne ressort indemne d'aucune de ces adaptations, dévoilant un auteur impitoyable, brillant qui secoue encore les esprits aujourd'hui. Voilà ce qui différencie le grand art du produit de divertissement à consommer : l'un traverse époques et continents alors que l'autre sera tombé en désuétude d'ici quelques mois.
Pour tout arranger, Manto est porté par un Nawazuddin Siddiqui une fois de plus au sommet de son art. L'acteur fait partie des meilleurs de la scène indépendante actuelle et adapte avec brio sa voix, sa gestuelle et ses expressions au personnage qu'il incarne. Rasika Dugal marque également les esprits, ainsi que Tahir Raj Bhasin. Vous commencez certainement à connaître le refrain mais autant ne pas s'en priver : Manto est disponible en vostfr sur Netflix. Réservé aux cinéphiles, cela va de soi.
4. Sanju de Rajkumar Hirani (18/20)
Est-ce que Sanju est une tentative pour Hirani de manipuler le public pour nettoyer l'image de son ami ? Peut-être bien. Est-ce qu'il a modifié la vraie histoire pour rendre le personnage plus attachant ? Oui, et Hirani a été le premier à le reconnaître ! Mais qu'est-ce que ça change ? Premièrement je pense qu'art et morale n'ont pas forcément à être compatibles, mais surtout Rajkumar Hirani a cette façon unique, inimitable de raconter ses histoires de telle façon qu'on évolue dans son univers à lui, pas dans la vraie vie. Ses personnages fantasques, extrêmes, à la fois si loin de nous et pourtant si humains, imparfaits, fragiles, sont ce qui fait tout le brio de son cinéma. Le cinéaste prouve une fois de plus qu'il est le seul à pourvoir vendre un film radicalement expérimental, étrange et aux thèmes dramatiques à un très large public. Par on ne sait quelle magie, Hirani fait donc passer pour un film familial des thèmes tels que la corruption, le rôle de la presse et les dangers de gros titres, la drogue et l'addiction, le cancer, le deuil, l'auto-destruction et la mutilation, la prison, le terrorisme, la perte de repères psychologiques, les rêves inachevés, les non-dits, la quête de rédemption, et bien d'autres thèmes encore... Le tout est d'une telle profondeur, d'une telle sensibilité, qu'on n'a jamais l'impression d'en avoir trop vu. Un des rares films cette année à m'avoir ému aux larmes, Sanju brille par la puissance avec laquelle il décortique les complexités des relations familiales, l'acharnement avec lequel on peut se voiler la face, se mentir à soi même, afin de ne pas admettre une vérité trop dérangeante. Et contrairement à Raazi, Hirani ne se contente pas de se reposer sur son histoire. On a ici un cinéaste derrière la caméra, un artiste, un vrai ! Alternant mise en scène psychédélique et plans qu'on ne verrait habituellement que dans un cinéma expérimental de niche, puis comédie familiale colorée, avant de basculer dans un cadre plus sobre et réaliste, le cinéaste sait tout faire et nous le prouve.
Au-delà de cela, on retiendra un Ranbir Kapoor qui surpasse haut la main toutes les performances de sa carrière pourtant admirable, et rappelle au passage pourquoi il est le meilleur acteur de sa génération. Charismatique, touchant, détestable, impulsif, dévasté, accro en manque, l'acteur incarne chaque phase de son personnage, rappelant au passage qu'être un acteur capable de beaucoup ne se limite pas à changer de look en cours de film... L'acteur adapte les mimiques de Sanjay Dutt à un tel point que la ressemblance est presque perturbante. Quoi qu'il en soit, Sanju restera dans sa carrière comme un sommet de jeu mémorable ! Mais n'oublions pas le casting secondaire : Vicky Kaushal (encore lui !) si attachant, mais aussi Manisha Koirala, Anushka Sharma, Paresh Rawal...autant de performances impressionnantes.
3. October de Shoojit Sircar (18,5/20)
De mémoire, la dernière fois qu'un film m'avait emporté et déconnecté du monde réel à ce point, pour me laisser dans un état de paix mélancolique, à la fois apaisé et détruit émotionnellement par l'expérience unique qui venait de m'être présentée, il s'agissait du chef-d'oeuvre Melancholia de Lars Von Trier. Et s'il ne partage pas le nihilisme de ce dernier, October reste une expérience unique, presque indescriptible. Shoojit Sircar décide de nous laisser le temps. Il n'est pas en mission séduction, alors le film prendra son rythme puisque le récit le demande, nous berçant d'abord dans un quotidien répétitif, avant de le bouleverser, de recréer de nouvelles habitudes suite au changement de contexte, et de nous confronter perpétuellement à l'expérience du changement, de la perte, de l'adaptation, et de l'espoir. Qu'il s'agisse de la subtilité des dialogues, de la musique délicate, tout dans October n'est que douceur. On est emporté dans un sentiment chaleureux, réconfortant, qu'importe les stades d'émotions par lesquels on peut passer. Une certaine personne qui m'est très chère (et qui se reconnaîtra) a décrit le film comme "un spa d'émotions dans lequel on ne sait jamais quelle bulle va remonter à la surface et éclater"...aussi étrange que cela puisse paraître, je trouve que cela résume parfaitement l'état dans lequel on passe l'expérience si l'on adhère à ce parti pris artistique radical. Dans October on fait face à l'ennui, à la frustration, on sourit, on a peur, on espère, on pleure (encore une fois...) et on termine à la fois détruit émotionnellement et en paix avec soi. Plus j'y pense et plus je me dis que cette expérience était incroyable.
Face à la mise en scène délicate, subtile et sans artifices de Shoojit Sircar, Varun Dhawan nous rappelle qu'il n'est pas que le visage banal du Bollywood commercial. C'est un performeur capable de Badlapur. Il s'illustre peut-être encore un peu plus ici, tout étant dans la finesse et la subtilité. Bon sang quel acteur ! Gitanjali Rao est également brillante dans son rôle de mère de Shiuli. La débutante Banita Sandhu, dans un rôle compliqué pour elle car la mettant en retrait, semble très prometteuse. October n'est peut-être pas le numéro 1 en terme de qualité technique et objective, mais c'est certainement le film qui me tient le plus à coeur de l'année passée. Dieu quelle merveille !
2. Tumbbad de Rahi Anil Barve (18,5/20)
Un film d'horreur, un vrai, intelligent, capable d'être réellement effrayant, de marquer longtemps après son visionnée, de ne pas être ridicule ni pas racoleur... C'est possible en Inde ? Laissez-moi vous présenter cette merveille qu'est Tumbbad ! Voilà une oeuvre là aussi radicale, ambitieuse. Un récit fleuve s'étalent sur plusieurs décennies, racontant une malédiction familiale tous rongés par le même Mal, une sorte de lecture en à peine plus de deux heures des Rougon-Macquart de Zola. L'avarice destructrice de père en fils, de génération en génération, le tout dans un univers fantastique, mythologique, terrifiant. Tumbbad partage à la fois ne nihilisme brutal d'un Clive Barker et l'horreur cosmique d'un Lovecraft. Dès l'ouverture on nous présente une mythologie et le contrat est passé avec le spectateur : pour continuer dans le récit, il faudra y croire. Le monde que l'on découvre dépend de ses propres règles. On ne peut alors qu'être en admiration face au travail d'équipe colossal qu'est ce film : Pankaj Kumar, directeur de la photographie, nous offre la plus grande réussite esthétique de l'année, une merveille de chaque plan. Le symbolisme omniprésent, chaque plan a du sens, est inspiré, nous présente soit l'ombre démesurée de l'ego du personnage, soit le danger guettant dans l'ombre, traduisant la déchéance morale en approche. La monteuse Sanyukta Kaza arrivée en cours de route et qui a transformé un récit brut de plus de trois heures en oeuvre plus concise, intransigeante, lui prodiguant ainsi un rythme étrange, déstabilisant et singulier. Après un premier acte purement horrifique extrêmement efficace, on quittera peu à peu la peur (une fois le mystère expliqué, la peur se dissipe toujours naturellement) pour arriver à une lecture plus sociale, une chronique familiale sur les moeurs, la décadence, et le retour à l'avarice appelant au retour de l'horreur. Mais l'horreur se fait plus sanglante, destructrice, meurtrière lorsqu'elle vient de la soif de richesses supplémentaires, là où elle n'était qu'une menace abstraite lorsqu'il s'agissait de survivre, d'échapper à la misère. Et on ne peut qu'admirer l'endurance de Rahi Anil Barve, qui nourrit l'idée depuis 1997, l'a scénarisé de 2009 à 2010, avant de lancer un premier tournage en 2012... 7 ans d'acharnement pour qu'une oeuvre brillante naisse. Un véritable miracle ! On pardonnera alors quelques effets spéciaux douteux qui gâchent un peu l'effet de peur, se rappelant que ce film est l'oeuvre d'un acharné n'ayant disposé que de très peu de moyens.
N'oublions pas les compositions magistrales de Jesper Kyd et Ajay-Atul, mais surtout le casting inoubliable. Sohum Shah (Ship Of Theseus) dégage un charisme glaçant, un talent inimitable. On ne peut qu'apprécier cette merveille et attendre avec impatience les prochaines créations qui sortiront de l'esprit de ce nouveau cinéaste...peut-être un futur très grand monsieur du cinéma indien.
1. AndhaDhun de Sriram Raghavan (19/20)
Que se passerait-il si l'on mêlait la rigueur d'un film noir Hitchcockien à l'humour noir et absurde des frères Coen ? Vous en rêviez, Sriram Raghavan l'a fait ! Le cinéaste à qui l'on devait les brillants Badlapur, Ek Hasina Thi et Johnny Gaddar se surpasse pour nous livrer sa meilleure oeuvre à ce jour et l'un des meilleurs films indiens à être sorti depuis de longues années. La réalisation est virtuose, on prend on plaisir jubilatoire à découvrir cette chasse à l'homme virant à l'absurde sans jamais être ridicule. Le suspense reste impeccable, le scénario millimétré, irréprochable, et on se prend au jeu sans même s'en rendre compte. L'élément perturbateur à la formule Hitchcock (femme fatale, innocent accusé, etc) c'est justement de faire de ce fameux innocent une figure pas si sainte que cela. Et tout de génie de Raghavan s'exprime dans une suite de séquences aussi maitrisées artistiquement qu'admirables, prenantes et fascinantes. AndhaDhun est à la fois musical, brutal, drôle, surprenant. D'un point de vue technique il ne fait aucun doute qu'aucun film en 2018 n'arrivait aux chevilles de cette véritable pépite de film de genre qui restera certainement dans les mémoires comme le meilleur thriller indien des années 2010.
Qu'il s'agisse de la musique, du montage, de la réalisation, tout est si admirable qu'on devrait en faire un cas d'école, la définition même de ce qu'est un grand film. S'il ne fallait retenir qu'une seule séquence, on citerait sans doute celle où le personnage principal, pianiste aveugle, joue devant un couple déplaçant le corps mort d'une victime récente. La maestria de la tension, le lyrisme, la musicalité, tout est fait sans le moindre mot avec une grâce folle, une efficacité démentielle. Ayushmann Khurrana se surpasse, rendant son personnage captivant, mais on citera également une Tabu stellaire, sans oublier Radhika Apte qui brille malgré un rôle plus secondaire. Enfin, AndhaDhun fait partie de ces très rares films à être capable de captiver jusqu'à la dernière seconde du récit (littéralement !), nous dévoilant à chaque fois un élément supplémentaire, sans jamais que l'on n'ait une impression de trop plein, de grotesque, la sensation qu'il s'agit du twist de trop. On peut aimer ou non, mais on ne peut tout simplement pas nier qu'il s'agit là d'une oeuvre d'art que beaucoup aimeraient réaliser mais que seul un grand cinéaste comme Sriram Raghavan pouvait nous offrir. Là encore, le film est disponible sur Netflix en vostfr, en revanche il est disponible au Canada et non en France, donc un VPN sera d'utilité publique. Ne passez surtout pas à côté de cette merveille !
Et c'est terminé pour mon TOP 2018. L'écriture a été très longue mais j'espère qu'elle valait le coup et que vous découvrirez des films que vous aviez peut-être manqué. Je n'ai pas parlé de films potentiellement très bons comme Mulk, Badhaai Ho, Omerta, etc. car je ne les ai pas encore vus.
Mention spéciale à Kaalakaandi, comédie noire expérimentale complètement barrée qui explose les stéréotypes du genre à grands coups de LSD. Mention également à Zero...et oui, me voilà prêt à défendre un des films les plus rejetés de l'année. Certes l'ensemble est confus, inégal, imparfait et le film veut trop en dire, changer de registres trop souvent et les actrices sont parfois en surjeu (ou sous-jeu pour une Katrina qui fait vraiment de son mieux mais se manque par moments). Mais l'écriture des personnages est d'une telle force, en particulier cette du personnage incarné avec un talent immense par Shahrukh Khan. Ce désir de se venger de la vie, cette rancoeur, cette violence intérieure, l'auto-destruction en ayant parfaitement conscience de prendre la bonne décision et la symbolique de devoir partir pour prouver qu'il va rester ainsi que la superbe esthétique...voilà autant de choses qui font que l'oeuvre a fonctionné avec moi, quand bien même il ne s'agit clairement pas du meilleur film de Shahrukh ces dernières années. Je sais que ce film là ne va pas mettre tout le monde d'accord, mais gardez s'il vous plaît à l'esprit que cet article m'a pris plusieurs heures de rédaction donc un commentaire englobant d'abord le Top et un avis constructif avant un désaccord serait vraiment apprécié. Merci pour votre temps et j'ai très hâte d'avoir vos retours !
Slt, mon retour va sans doute te décevoir. Car sur ton top j'ai pu voir seulement 4 films. Le pire c'est que j'ai les films non suivis à portée de main! Va savoir pourquoi je ne les visionne toujours pas!
Avant tout merci pour ton travail qui, comme d'habitude est excellent. On perçoit clairement ton savoir. J'éprouve un réel à plaisir à lire tes critiques. Ton blog est vraiment pertinent.
Je vais commencer par "October"...je ne sais même pas pourquoi je tarde sur ce film et pourtant j'apprécie Varun. Dans ta critique, je retiens cette phrase "et on termine à la fois détruit émotionnellement et en paix avec soi". Je me doutais que ce film serait de ce genre, mais à ce point là!! Je doit vite le regarder alors. Quand je le ferais je te dirais si oui ou non j'ai été conquise par l'univers du film.
"Padmaavat"... Le métrage de SLB a ses qualités et ses défauts. Le jeu de Ranveer est pour moi la meilleure interprétation avec celle de Jim Sarb. Je citerai même Aditi, qui n'est pas en reste avec un jeu doux et toute en finesse. Pour Shahid, oui il n'était pas mauvais et je te rejoins, il arrive à tenir tête à un Ranveer incroyablement bien ancré dans son personnage. Mais j'attendais plus de lui. Deepika, elle... j'accorde que son charisme en impose dans certaines scènes. Mais son jeu était aussi bon que sa danse du Kathak dans "Mohe rang do laal"!! Les musiques, les Choré et les décors du film étaient impeccable. Mes scènes musicales favorites sont le déjanté "Khalibali" et le déroutant, pourtant attrayant, "Binte Dil". L'histoire et certains plans m'ont rappelé Bajirao Mastani. Ce qui confirme ta phrase d'appel. Aussi, les enchaînements ne m'ont pas toujours convaincu. Ce qui m'a le plus déplu est la relation trop rapide de Padmavati et du roi. Sinon dans l'ensemble le film était bon, toutefois je n'ai pas aimé plus que ça.
"Raazi", était un bon film à regarder. Vicky a su rendre justice à son personnage. Alia a su rendre vivant le sien. La réalisatrice nous a offert un bon métrage. C'était correcte, je suis complètement d'accord avec ton choix.
J'ai été agréablement surprise par "Stree"! Moi qui n'attendais rien de ce film, je dois dire que j'ai passé un bon moment. On rigole, on se questionne, on découvre. On avance bien dans la narration. Je regrette cependant le manque de frisson. Comme tu l'as mentionné la simplicité du sujet mais original en a fait son succès. J'attends le 2 avec impatience. J'espère qu'il sera aussi bon ou encore meilleur que le 1.
Je ne sais pas si c'est à cause des retours positifs, ou que je suis devenue insensible. Mais je n'ai pas été impressionnée par "Sanju"! Je suis d'accord que Hirani a livré un bon film. présentant avec brio certains évènements de la vie de Sanjay Dutt. Mais j'aurais aimé qu'il le fasse avec un ton plus neutre. Je suis également d'accord avec tes mots sauf pour la performance de Ranbir. Aïe aïe aïe...Si les personnages secondaires ont bien joué leur rôle, je trouve que le rôle de Ranbir n'est pas si fantastique que ça. On croirait rêver, Dieu seul sait que je le trouve extrêmement bon. Mais là il m'a donné plus l'impression de n'être qu'une pâle copie de Sanjay Dutt. Oui il a su reprendre certaines mimiques de Sanjay. Si bien qu'on pourrait croire qu'ils sont jumeaux. Mais pas qu'il est Sanjay. Je lui reproche d'avoir joué à Sanjay au lieu de l'incarner, de le vivre. Pour moi il manquait un peu de naturel. C'est son rôle le plus expérimental mais pas le mieux réussi à mon goût. Je sais, je dois probablement être la seule à penser ainsi, surtout qu'il a obtenu le Filmfare du meilleur acteur avec cette performance. Mais bon c'est comme ça que je l'ai ressenti!
Pour ce qui est des autres choix je n'ai entendu que du bien donc ils sont sur ma liste.
Place aux mentions spéciales! Je prend note et je le met aussi dans ma longue liste des films à suivre. Pour "Zéro" franchement je suis d'accord avec toi. Le film a un réel potentiel et les performances sont décentes. Le jeu de Kaif n'est pas mal. Toutefois, son personnage aurait pu nous raconter davantage. Anushka n'était pas mauvaise mais j'ai vu de bien meilleures performances d'elle. Pour ce qui est du King il est fidèle à lui même. Je félicite également la team des effets spéciaux, ils ont fait du bon boulot.
En ce qui me concerne, je n'ai pas vraiment de top pour 2018, quand bien même j'ai été ravie de suivre certains films. Faut aussi avouer que je n'ai pas accordé beaucoup de temps à certaines sorties
bonjour tres bonne analyse de ta part. sincèrement j'ai rien compris sur le film manto .et je trouve tres ennuyeux aussi .Aaahhh ! Merci de nous faire partager ton ÉNORME boulot de critique qui était très attendu, de moi en tout cas.
Je suis encore plus loin que Coco d'avoir tout vu : seulement 3 films de ton top 10 …
- AndhaDhun : je partage presque complètement ton analyse. C'est un film extrêmement brillant, très hitchkockien en effet par le plaisir pervers que le metteur en scène prend à mettre son héros en danger dans les situations les plus improbables, ce qui fait naitre le rire, et par le voyeurisme complice du spectateur. La musique, le jeu des acteurs, la précision de la mise en scène et le rythme du film sont remarquablement maîtrisés. Outre le passage que tu cites, qui est le point d'orgue du film, j'ai adoré aussi toute les scènes avec le docteur et ses complices - de vrais Pieds Nickelés !
Mon seul (petit) bémol est relatif à quelques facilités scénaristiques qui ne sont pas tout à fait à la hauteur du reste - comme lorsque le héros sort de l'ascenseur comme par hasard précisément au moment où Tabu, qui vient de trucider sa voisine trop curieuse, la jette du haut de son appartement ; il la voit donc tomber devant ses yeux et est pour la deuxième fois témoin d'un meurtre perpétré par l'un des protagonistes du premier meurtre... C'est un peu gros et au fond c'est assez inutile. Je n'aime pas tellement non plus la fin, qui m'apparaît comme une pirouette un peu facile au regard d'un scénario par ailleurs truffé d'écueils et de difficultés qui ont été gérés avec maestria. Mais cela n'enlève pas grand-chose à cet excellent film et au grand talent de son réalisateur, et si je n’ai pas vus tous les films de ton top 10, de tous ceux que j’ai vus pour l’instant de l’année 2018, c’est incontestablement le meilleur.
(au passage, je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce que tu dis de la “formule Hitchcock” : hormis dans ses films de jeunesse, les héros/héroïnes d'Hitchcock sont assez souvent ambigus - par ex. dans L'inconnu du Nord-Express, Vertigo, Pas de printemps pour Marnie, pour n'en citer que quelques-uns).
- Tumbbad : pour moi, un conte maléfique envoûtant - plutôt qu'un film d'horreur, ce qui n'est pas pour me déplaire -, sublimé par une photographie qui réussit l'exploit d'être à la fois expressionniste et épurée. Pas tout à fait un chef d'œuvre pour les raisons que tu évoques mais on n'en est pas loin.
- Bhavesh Joshi Superhero : j’ai bien aimé. Il y a quelques longueurs, quelques maladresses dans un scénario par ailleurs fermement ancré dans un “réalisme social” urbain, ce qui lui confère une originalité certaine et le rend attachant. C’est aussi un film énergique, comme l’implique la jeunesse de ses personnages, et qui offre de magnifiques scènes d’action.
Pour le reste :
- j’ai trouvé formidable la série Sacred Games sur Netflix réalisée par Anurag Kashyap et Vikramaditya Motwane. Une réussite remarquable, à voir absolument. J'attend la saison 2 avec impatience.
- J’ai vu Badhaai Ho ; c’est une comédie sociale drôle, fine et pertinente, très bien jouée.
- Zéro : comme je suis contente que tu lui fasses une place ! Je pense que ce film étrange et original n’a pas du tout été compris… même par ses auteurs ! Ce n’est pas une comédie romantique, c’est avant tout un conte moral, une histoire de rédemption(s). Les contradictions des personnages - blessés par la vie, fragiles mais aussi résilients, durs et en même temps empreints d’une certaine douceur - sont parfaitement logiques dans ce contexte. Zéro n’est pas non plus un film réaliste. Il ressemble, à vrai dire, à un rêve éveillé… En tout cas, c'est ainsi qu'il m’est apparu presque dès le début. Le rêve, c’est la clé qui donne de la cohérence au récit, depuis les “pouvoirs magiques” de Bauua à son aller-et-retour sur Mars, en passant par les ellipses, celles de l’histoire (le trou dans la vie des protagonistes entre les deux ruptures Bauua/Aafia et Bauua/Babita) comme celles des dialogues (magnifique exemple de "trous" dans le dialogue entre Bauua et Babita à la fin de leur relation). Vu par ce prisme, les confusions n’en sont plus, les changements de registre sont logiques, tout se tient et le récit devient fluide et d’une grande élégance. Evidemment, c'est mon analyse... Mais je suis convaincue que si les auteurs avaient exploité cette piste du rêve - et de sa résolution, parce qu'on n'aurait pas pu s'arrêter à cela-, cela aurait pu donner quelque chose de magnifique. Parce que, et je suis 100% d'accord avec toi, SRK y fait une performance absolument exceptionnelle ; il ne joue pas, il est Bauua Singh dans l'attitude, les paroles, les regards (ah! les regards)... Et parce que pour moi, dans la filmographie d'Anaand L. Rai, tel qu’il est, ce film dépasse déjà largement l’excessivement encensé Tanu weds Manu.
Un dernier petit mot sur les actrices :j'ai été très convaincue par Katrina Kaif, moins par Anushka Sharma.
Salut...
Je viens de finir "Andhadhun", et il ne démérite pas sa place dans ton top 10. Le film est juste finement bien fait, captivant et intéressant (parfois stressant). Quand on le commence, on ne s'attend pas à une telle histoire; tant il est difficile de ne pas être complètement immergé dans le récit. Ce film aux apparences modestes dévoile un contenu minitieux, surprenant et intelligent. Je félicite Raghavan pour ce métrage qui, harmonise parfaitement séquences les plus ordinaires aux plus étonnantes/haletantes. En plus de la scène choisie dans ta critique, je dirais que celle qui vient avant, est tout aussi frappante. Celle où le protagoniste, jouant du piano, découvre la victime et fait preuve d'un flegme que jamais j'aurais eu à sa place!! A cela j'ajoute les scènes où les deux amants essaient de vérifier la cécité du personnage principal. Situation bien amusante mais aussi stressante.
Ayushmann Khurrana est divin dans ce rôle d'arnaqueur au grand coeur! D'ailleurs, à ce sujet, j'ai bien apprécié que le réalisateur emprisonne (puini) Akash dans son propre mensonge (son jeu). Vraiment il fallait le faire ( C'est un peu le même schéma avec Murli, l'un des complices du docteur)... Radika Apte est splendide dans son rôle secondaire. Elle est présente quand il faut, l'écriture de son personnage n'est pas à revoir. Tabu... Tabu... Tabu, elle est celle qui m'a le plus surpris. J'applaudis sa brillante performance. Son personnage qui paraît innocent nous surprend par son esprit machiavélique! Quelle merveille!!! Le reste du casting est irréprochable.
Merci, merci et encore merci pour cette analyse; car sans elle je pense que j'aurais encore tardé sur ce film que j'aurais dû visionner depuis. C'est un excellent métrage qui mérite d'être regardé le plus tôt possible. Et je pense que n'importe qui le trouverait intéressant!
Merci beaucoup pour ton gros travail d'analyse sur ces films!Je n'ai malheureusement pas tout visionné, 3 sur les 10, mais je suis totalement d'accord avec toi.
Bhansali est un maître en la matière mais il est vrai qu'il est temps pour lui de se renouveler et je pense aussi de changer d'acteurs, même si j'aime beaucoup Ranveer et Depika. Son esthétique est sublime mais risque de lasser.
Sanju ...mon dieu Sanju, quel interprétation de la part de Ranbir!!! Il est tout imprégné dans son rôle et la ressemblance est frappante. Les personnages secondaires sont très bien aussi, notammentle père qui m'à beaucoup marqué. Cette relation ambiguë avec son père, son amour extrême pour sa mère, le rapport avec les médias, la sensibilité du personnage, etc...
Bref j'ai adoré.
Et Andhadhun, tout simplement une claque ce film!!! Ayushmann excelle, Tabu est glaçante, est jusqu'à la dernière image on reste en alerte. Sans oublier la musique qui est magnifique!
Voilà, j'espère pouvoir visionner d'autres films, mais en attendant encore un grand merci pour ton boulot.
Hello!
La plupart des films que tu évoqués, je les ai pas encore vu ahah
Donc jvais my pencher
Autrement oui j'ai vu Sanju, c'était pas mon préféré de l'année mais il est excellent. RANBIR le retour !
Padmavaat : Ranveer singh a tout pété, je l'ai vu au ciné, c'était Grandiose :O Par contre d'accord avec toi,Bhandzli nous a proposé un beau spectacle, merci chef, mais montre nous autre chose stp
October me parait très ennuyeux, faudrait que je passe au dessus de ce sentiment pour le tenter
Je viens de voir Manmarziyaan et j’ai passé un très bon moment, en particulier grâce à son trio d’acteurs. Jusqu’ici je n’avais vu Tapsee Pannu que dans Pink où elle ne m’avait pas vraiment convaincue mais là, elle est excellente, elle vibre de vie et irradie littéralement le film. Abhischek Bachchan se tire remarquablement bien d’un rôle ni flatteur ni facile. Quant à Vicky Khaushal, il se glisse avec une aisance confondante dans la peau de son personnage charmeur, immature et un peu veule. Ce garçon a décidément bien du talent. Pour le reste, je te rejoins totalement, Clément : dans la filmographie de son auteur ce film est peut-être mineur, mais cela reste du vrai et du bon cinéma.Bonjour et un immense merci à toutes et à tous pour vos retours encourageants et détaillants qui font vraiment très plaisir ! Pour Sanju, je vois ce que tu veux dire Coco. Quelques critiques avaient été dérangé par le jeu de Ranbir qui "imitait" un peu trop... Cela dit, Sanjay Dutt a un jeu tellement limité (surtout dans l'émotion) que c'est là pour moi que Ranbir fait toute la différence et apporte sa touche personnelle si unique. En tout cas, je suis vraiment heureux de t'avoir encouragé à regarder AndhaDhun plus tôt et que tu l'ai apprécié à ce point... C'est vraiment un film à ne manquer sous aucun prétexte !!
Adele pour AndhaDhun justement, je pense que le fait que le fait qu'Ayushmann soit à nouveau témoin du second meurtre ajoute justement le comique de répétition, c'est sur ce type de séquences justement que j'ai retrouvé l'esprit des frères Coen : un humour mordant de mettre toujours les personnages au mauvais endroit, au mauvais moment, et d'en rajouter jusqu'à presque saturation pour tester leurs réactions. Pour Hitchcock effectivement les personnages sont généralement ambigus, cela dit je trouve que ses héroïnes étaient bien plus développées et complexes que ses héros parfois un peu enfermés dans le carcan "innocent accusé" (avec des exceptions notoires, dont quelques unes que tu as mentionnées). Je trouve justement que le tout dernier twist que nous livre Raghavan termine d'achever la ligne entre héroïsme, morale et le conflit innocence/culpabilité.
Très heureux également de voir que je ne suis pas le seul à avoir cet avis sur Zero, merci à toutes les deux ^^ Je te rejoins totalement Adele sur le fait que même l'équipe derrière le film n'a pas pleinement compris le sens et potentiel de ce qu'ils avaient... Et je suis d'accord sur le fait qu'Aanand L Rai soit surestimé. Le premier Tanu Weds Manu était à peine décent, Raanjhanaa était intéressant mais inégal et Tanu Weds Manu Returns tenait en grande partie sur l'immense performance de Kangana qui cachait les grosses faiblesses scénaristiques et une réalisation sans envolée.
Cher(e) Anonyme, merci pour le retour sur ces trois films, et c'est tout à fait vrai Bhansali risque de lasser. Je trouve ça assez triste qu'il n'ait jamais aussi bien vendu au box-office que depuis qu'il commence à recopier une formule. Mais le grand public est capricieux, d'où le fait que fidéliser des cinéphiles purs et durs ainsi que la critique est plus enrichissant sur le plan artistique... Et Tabu glaciale dans AndhaDhun, on ne le répétera jamais assez ! Quelle actrice... J'ai eu l'impression de retrouver une performance aussi grandiose que celle dans Haider :)
Mllex merci aussi pour ton commentaire, j'ai vu Padmaavat au cinéma également et c'est clair que le spectacle grand écran est assuré, sans oublier les chansons qui sont sublimées avec le son d'une salle de ciné. Pour October, c'est un peu comme pour Manto : réservé aux amateurs de pur cinéma d'auteur au risque de ne pas adhérer au rythme. Après cette lenteur est vraiment essentielle au propos du film et il serait impossible de transmettre toutes ces émotions avec un récit plus dynamique. Si tu tentes le coup, je serais très intéressé par ton avis :)
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Salut ! J'essaye de rattraper mon retard 2018 et j'ai récemment vu October. Pour l’instant, j’aurais tendance à le placer en 2nde place de ton classement… C’est un très beau film, sensible et élégiaque, l’histoire simple d’un jeune homme rugueux et égoïste qui, dans des circonstances dramatiques, s’ouvre à la compassion et à l’amour des autres. Une leçon de vie, finalement. Le film n’est jamais larmoyant malgré son sujet grave, il laisse même le spectateur dans cette sorte d’apaisement qu’on éprouve lorsqu’on a pu accompagner jusqu’au bout du chemin d’autres êtres, proches ou moins proches. Varun Dhawan est d’un naturel et d’une sensiblité remarquables, pour moi c’est son meilleur rôle (mais je n’ai pas vu Badlapur).
Prochain visionnage : Stree. Ce sera plus difficile pour les autres, Sanju probablement, mais le reste... J'ai du mal avec les histoires dont les personnages sont broyés par l'Histoire, ça me met en rogne ou me fiche le moral à zéro, c'est selon... Donc je ne sais pas la motivation sera au rendez-vous (après, on n'est pas non plus obligé de se faire du mal, hein! ).
Excellente nouvelle Adele, une belle "leçon de vie" que ce film comme tu le dis. Plus j'y pense et plus je l'aime, c'était vraiment un film à part !Bon visionnaire pour les autres films. Et bien sûr, on est jamais obligés de se forcer à regarder quoi que ce soit ^^ Je suis passionné par les films assez sombres et pessimistes, mais je comprends complètement que beaucoup de spectateurs se fixent des limites histoire de ne pas se tuer le moral à chaque fois qu'ils regardent un film lol
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Bonjour ! Je viens de voir Stree et avant, pour faire bonne mesure, Go Goa Gone. Je n'ai rien à ajouter à ta critique de Stree, j'y souscris entièrement (à part quelques petites facilités un peu agaçantes : mais pourquoi bon sang les héros s'obstinent-ils à déambuler seuls la nuit alors qu'ils savent pertinemment qu'ils ne le doivent pas - et qu'ils ne sont pas obligés de le faire, en plus ? Une fois ça va, deux fois on fronce un sourcil, trois fois ça devient une ficelle un peu grosse). Je suis d'accord aussi avec toi quand tu dis que c'est en-deçà de Go Goa Gone - qu'au passage, je te remercie de m'avoir fait découvrir : cette pochade politiquement incorrecte qui détourne les codes du film de zombie est vraiment marrante ; j'ai particulièrement aimé la composition de Saif Alif Khan en faux maffieux russe peroxydé à la gâchette facile...Encore une séance de rattrapage qui fait plaisir ! Je suis d'accord avec ta critique sur le côté illogique de voir nos héros se séparer constamment...peut-être était-ce une façon de parodier les codes du genre pour l'aspect comique, mais ça ressemblait surtout très fort à une grosse ficelle pour faire avancer le scénario.Et très heureux de ton retour sur Go Goa Gone, ce film mérite tellement plus d'attention ! Tout à fait d'accord sur Saif qui est absolument génial (son clin d'oeil à Terminator est une des séquence qui me fait le plus rire, tous films confondus). J'espère que la suite annoncée pour l'année prochaine se fera et sera du même niveau.
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